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Il n'y a pas de problème, Marilyn Manson adore son rôle
de clown mystérieux. Ça le fait frissoner de plaisir
de savoir que des gens parlent dans son dos, et spéculent
au sujet de son prochain look, de sa prochaine phrase choc ou
de sa prochaine orientation musicale. Alors que son prochain disque,
'The Golden Age Of Grotesque' semble être destiné
à le prouver une fois de plus, Manson est sans aucun doute
l'un des esprits les plus brillants opérant dans la sphère
métal. Certes, ses perspectives culturelles et ses points
d'intérêts historiques peuvent différer grandement
de ceux du grand public, mais ça fait parti de la clé
de son succès grandissant. Bien sûr, il est incapable
de secouer suffisamment les esprits ou de boulverser les choses
établies mais il tente toujours d'agir dans ce but, et
ce d'une manière à la fois voyante et cérébrale.
C'est cette équilibre difficile et délicat qui est
au cur de la polémique Manson et c'est de ça
dont nous avons parlé lors d'un récent entretien.
Comment décrirais-tu l'essence de
'The Golden Age Of Grotesque'?
MM : Une grande partie de ce disque traite de mon emprise sur
la culture d'aujourd'hui, de la façon dont cet art dangereux
est perçu et de la manière dont il joue un rôle
au sein même de cette culture. J'aime le confronter à
ce qui s'est passé à différentes périodes
de l'histoire, et cette fois, il s'agit plus notablement de Berlin
du début des années 30. Il y a toujours eu une sorte
d'éthique artistique attirée par le sexe, voir dépravée,
qui a grandi avec les grandes sociétés, notamment
lorsque ces dernières atteignent leur pic artistique. Souvent,
c'est quand des contrôles extérieurs commencent à
renforcer la règlementation de la censure sur cette même
société, et par la même atteignent ses esprits
les plus inspirés et imaginatifs. Je pense que c'est ce
qui arrive à notre société aujourd'hui, et
d'une certaine façon, je me retrouve un peu au milieu de
tout ça.
Évidemment, l'album a déjà
eu sa dose de critiques de la part de ceux qui sont outragés
par ton approche...
MM : Très bien... Tout cela ne fait que prouver ce que
j'ai dit au sujet des forces oppressives qui essaient de réduire
l'art à néant, ou au moins de le rediriger vers
leur propre vision. Nous ne sommes pas là pour suivre des
modes, faire l'éloge de la religion ou nous soumettre à
des conventions. Chacun est sa propre mode, sa propre religion,
sa propre convention. À ceux qui passent leur temps à
critiquer l'art, et spécialement mon art, je peux dire
que j'ai une réelle compassion pour eux.
Il se passe tellement de choses dans la musique
de cet album, quels en seraient les ingrédients clés?
MM : Nous avons tenté de mêler les éléments
les plus outrageux du hard rock classique et une vision tordue
de ce que pourrais être le punk électronqiue, le
tout soupoudré d'une touche de décadence à
la Vaudeville des années 30 pour faire bonne mesure. J'ai
voulu que ce disque soit très heavy parce que je commençais
à en avoir ras le bol du métal de ces dernières
années. À chaque fois, cette musique a besoin de
se réinventer elle-même. J'espère que mon
album participera à cet effort. Je me suis inspiré
de beaucoup d'éléments dont je me suis déjà
servi et je les ai triturés, tordus et déformés.
En faisant ça, certaines qualités se sont mises
en valeur tandis que d'autres se sont retrouvées noyées
dans le mix.
Il semblerait que tu aies une vision assez
négative de la scène musicale d'aujourd'hui...
MM : Je suis le dernier à critiquer les gens, quels qu'ils
soient. Il se peut que je n'apprécis pas certaines choses
que j'entends aujourd'hui, mais je ne nommerai personne. Ça
me placerait dans la même catégorie que ceux dont
je viens juste de parler. Que je considère ou non cette
musique comme importante ou comme de l'art n'est pas le problème.
Les gens utilisent leur musique comme une forme d'expression et
s'ils arrivent à atteindre un public avec, je les applaudis.
Je sais à quel point ça peut être difficile.
Bien-sûr, il y a beaucoup de musique du bas du front sur
le marché, mais ça m'est égal, elle atteint
son objectif.
Y a t-il de la musique que tu apprécies
aujourd'hui?
MM : Oh, il y a énormément de choses que j'aime.
Mais ça devient de plus en plus dur à trouver. Généralement,
tout ce qui contient une énergie émotionnelle puissante
me plait bien. Ça peut être du métal, de la
pop ou n'importe quoi. Tant que l'artiste s'éxécute
avec un certain dégré de conviction et de réflexion.
Sur ton album, il semblerait que tu te prenne
un peu plus au sérieux que sur ton dernier disque 'Holy
Wood'...
MM : Peut-être... Mais en réalité, je pensais
que mon dernier album était sérieux... Peut-être
que sur 'Mechanical Animals' étais-je un peu plus fun.
'Holy Wood' est un album qui contient de la colère. Et,
en effet, il est probable que celui-ci est sérieux... Je
ne sais pas si tu peux vraiment les catégoriser aussi simplement.
Pour chaque album, j'approche la phase d'écriture en me
demandant ce que je veux dire et comment je veux le dire. Pour
ce disque, j'avais une vision bien définie de ce qu'il
devait être, mais la musique est partie dans des directions
auxquelles je n'avais même pas songé.
Y a-til un élément important
que tu souhaites présenter dans ta musique et qui, à
ton sens, a été négligé par le grand
public?
MM : Oui, c'est que plus certaines personnes tentent de changer
le monde, plus le monde les change elle-même, que se soit
des artistes, des politiciens, des leaders religieux, c'est presque
toujours la même chose... Ceux qui sont disposés
à courir des risques ont souvent à en soufrir. C'est
un thème récurant sur nombre de mes albums. C'est
également un des thèmes présents sur mon
nouveau disque.
Il semblerait que nous soyons au beau milieu
d'une époque très conservatrice surtout aux États-Unis
: il y a un président et un congrès tous deux républicains.
Ça t'inquiète?
MM : J'essai généralement de rester à distance
de la politique. Mais ça m'est égal qu'il y ai une
attitude dans mon pays, parce que ça me facilite les choses,
et ça me permet de faire chier les gens plus facilement.
Je ne pense pas qu'il y ai beaucoup de mes fans qui soient proches
de partie républicain. Donc s'ils veulent me courir après
et attirer l'attention sur moi, je suis pour.
Quand tu jettes un œil sur tes 5 précédents
albums, y a-t-il quelquechose que tu souhaiterais changer sur
l'un d'entre eux?
MM : Non, je ne changerais rien. Je peux franchement te dire que
je suis très content de tout ce qu'il y a sur mes albums.
Ils représentent tous quelquechose d'important pour moi
et me représente à des moments particuliers de ma
vie. Il reste encore beaucoup de questions que j'aimerais traiter
mais savoir si je suis satisfait de mes albums n'en fait pas nécessairement
parti!
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