Magazine
Rage (N°12 - nouvelle formule)

Pays
France

Date de parution
Janvier 2004

Propos recueillis par
Steve Discroll

Retranscription
www.deadstar.net

Couverture
 

Manson a été un goth provoc', il a été l'Antéchrist élevé au rang de superstar, il a même été une espèce de top-model androgyne. Aujourd'hui, il se réinvente une nouvelle fois, empruntant à l'univers glamour et décadent du Berlin et du Hollywood des années 30. Sur le point de fermer sa valise, à la veille de son troisième départ pour la Ozzfest, Monsieur Manson nous a accordé un peu de son temps pour répondre à nos interrogations quant à 'The Golden Age Of Grotesque', sa prochaine tournée, ses "happenings"... et sa femme !

Tu as dit que ton nouvel album est "génial". En quoi le considères-tu comme ton meilleur album?


MM : Tout simplement parce que c'est une renaissance pour moi. Je me sens de la même manière que je me sentais quand j'ai démarré le groupe.

Comment es-tu parvenu à ressentir ces mêmes impressions?

MM : Une partie vient du fait que je travaille avec de nouvelles personnes, et une autre partie vient du fait que je me suis penché sur un certains chapitre de ma vie et que j'ai composé ce disque avec l'insouciance d'un enfant, en faisant appel à mon imagination pour obtenir un résultat qui se préoccupe principalement de l'art. Ce disque traite vraiment des relations humaines, et j'utilise une inspiration et des métaphores qui viennent tout droit de Hollywood des années 30. Les films de l'époque étaient vraiment innocent, ensuite, il y a eu le Mc Carthyisme, la censure, la république de Weimar et la décadence berlinoise, puis les fascistes qui ont tenté de détruire tout ça. Je pense que cette situation est similaire à ce qui se passe aujourd'hui avec tous ces gens qui essaient d'étouffer mes idées.

Qui essaie de te freiner ou d'étouffer le plus tes idées?

MM : Je ne me sens pas freiné. J'ai juste une attitude différente quand je crée quelquechose. Je ne me met plus de frontières entre la musique, l'art et les performances. Tout tourne autour de "l'âge d'or du grotesque". C'est un terrain de jeu suffisamment vaste. J'aimerais que tout le monde en fasse partie. C'est un retour au vieux Marilyn Manson, quand nous étions encore en Floride. C'est du Vaudeville. Le public fait partie du show. Nous amenons le spectacle dans la foule. Mais ça ne veut pas dire que je ne vais pas ressembler ni me comporter comme une rockstar. Je suis là pour distraire les gens. Je n'en ai pas honte. Je suis un amuseur public.

Quand tu mentionnes le Hollywood des années 30, on pense immédiatement à ta petite amie, Dita Von Teese, qui personnifie cette période. Elle correspond vraiment à ta vision...

MM : C'est pourquoi j'ai été attiré par elle...

Vous semblez tellement aller dans la même direction qu'on peut se demander à quelle point elle a influencé 'The Golden Age...'.

MM : Je ne pense pas qu'elle aimerait ça parce qu'elle n'aime pas penser à ce genre de choses. Elle est très discrète et passioné par ce qu'elle fait. Elle ne s'est jamais impliqué dans mon travail. Elle est une inspiration dans le sens où j'ai un entourage très positif dans ma vie, que se soit avec le groupe ou avec elle. Mon obsession pour le glamour des années 30, pour les gens qui s'inquiètent de la décadence, qui apprécient Oscar Wilde et tout ce qu'il y a derrière, tout cela m'a attiré chez elle. Tout a commencé avec 'Antichrist Superstar'. Le morceau 'The Beautiful People' m'a vraiment donné un aperçu de tout ça. D'une certaine façon, c'est plus enfantin, et d'un autre côté, c'est plus sophistiqué.

Comment vas-tu traduire ces nouveaux morceaux sur scène?

MM : Ma tournée et les évènement qui vont l'entourer peuvent être vus comme des installations, des happenings, des actions, des mouvements... ou comme des choses qui vont au-delà de toute définition.

Tu vas donc faire des choses encore plus élaborées que d'habitude...

MM : Je vais essayer de prendre "l'action art" et de l'ammener à un niveau plus élevé. Ce n'est pas nécessairement un niveau prétentieux - tu sais, les gens ont tendance à associer l'art à la prétention - mais nous voulons que se soit distrayant. Cette nouvelle phase dans mon art va mélanger la performance scénique, des expos et tous les gens présents. Seront inclus mes propres "oeuvres" et le travail issu de ma collaboration avec Gottfried Helwein. Les gens auront d'ailleur sûrement la chance de voir Dita impliquée dans ce projet. Mais ce n'est pas une tournée au sens habituel du terme. C'est quelque chose de plus gros, et pas seulement limité à Marilyn Manson. Tout devient désormais plus gros.

L'"évènement tournée" Grotesque Burlesque fait parti de la tournée pour 'The Golden Age Of Grotesque' et fait aussi partie du Ozzfest...

MM : Cet événement prendra part partout où j'en ai envie. En fait, se sera partout où je vais jouer. Les choses se passent désormais d'une façon plus enfantine, dans un nouvel environnement. Par-exemple, mettre le feu à un piano à Los Angeles, en jouer et le filmer (pour la vidéo du premier single issu de l'album 'mOBSCENE'), c'est désormais quelque chose que nous pouvons faire. Ce sont des happenings.

Où as-tu fait ça?

MM : À Los Angeles, dans les mauvais quartiers. En public. Parfois les gens voient ce genre de choses, et parfois non. C'est juste fait pour changer l'environnement quotidien. Peut-être que ça en fait sourire certains, peut-être que ça en met d'autres en colère, mais ça capte toujours leur attention.

Nous avons beaucoup parlé de Dita... Penses-tu au marriage à cour terme?

MM : Je n'aime pas répondre à ce genre de questions... Tout ce que je peux te dire, c'est que je nous voit pas vivant loin de l'autre pour toujours.

Hésites-tu cette fois à cause de ta précédente relation très publique avec Rose McGowan?

MM : J'aime juste m'occuper principalement de moi-même en ce moment, parce que ça nous fait du bien à tous les deux.