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Comment vous êtes-vous
retrouvé au poste de producteur de 'The Golden Age Of Grotesque'?
Tim Skold : Je connaissais Marilyn Manson depuis un certains temps,
on fréquentait les mêmes milieux et on avait des
amis communs. Un jour, il m'a proposé de passer à
son studio car il butait sur un problème, il avait l'air
énormément frustré... Je lui ai dit que j'allais
passer, mais aussi qu'il devait comprendre que je m'attache énormément
à mes projets. Je ne travaille pas comme tous les producteurs/programmeurs,
je voulais que ce soit clair pour lui dès le départ.
Ça ne lui a pas posé de problèmes. On a enregistré
la reprise de 'Tainted Love' et depuis, je ne l'ai plus quitté.
Vous êtes même devenu le bassiste
du groupe entre temps.
TS : Au départ, on m'a engagé pour produire cet
album. Je n'avais pas l'intention d'intégrer le groupe
mais Twiggy Ramirez est parti au début des sessions. Comme
j'étais bassiste, il m'a proposé le job. Je me suis
dit : "Fuck, pourquoi pas?"
Pensez-vous que KMFDM représente une
grosse influence pour lui?
TS : KMFDM a influencé une bonne partie de la scène
indus et les musiciens du métal qui se sont mis à
travailler avec des machines. Nos premiers albums ont défriché
pas mal de terrain. Je ne sais pas si ces disques ont influencés
Marilyn Manson, mais je suis persuadé que tous les programmeurs
avec qui il a travaillé s'en sont servi comme point de
référence.
Vous êtes-vous servi de votre home-studio pendant l'enregistrement?
TS : Je travaille mieux quand je suis nu et mes collaborateurs
n'aiment pas ça (rires). Il m'arrive d'emporter
du travail à la maison, où je possède un
24 piste Digidesign 888. En, studio, j'adopte une mentalité
de guérillero. Il ne faut pas suivre les règles.
Je préfère faire à ma manière, pour
le meilleur et pour le pire. J'essaye de ne pas être prisonnié
de la technique. Avec Manson, le plus important est la vitesse
d'exécution. Il apporte des idées à chaque
instant. Il faut réagir vite et avec les moyens du bord.
Avez-vous un logiciel de montage préféré?
TS : Je suis un peu old school, j'utilise Logic car j'ai grandi
avec. Pour cet album, je me suis plus servi du Pro Tools DSP pour
des raisons de transport, car j'ai l'habitude d'emmener des mixes
bruts à la maison. C'est un peu dommage que Pro Tools soit
devenu le standart, car il y a des choses que je n'aime pas trop
sur le logiciel ou la compagnie qui le traite. On peut faire beaucoup
de choses avec un studio de petite taille mais rien ne remplace
la sensation de bosser sur une SSL. On peut se demander pourquoi
dépenser des sommes pareils pour un mix, mais à
l'arrivée, ça fait une sacré différence.
Comment qualifieriez-vous le comportement
de Manson en studio?
TS : Ce n'est pas un control freak, mais un visionnaire.
Il devine les choses. Il s'intéresse à la production
et possède une oreille extraordinaire. Il m'étonne
constamment. Si un plug manque sur une chaîne d'effets guitares,
il le repérera dans la seconde. Il cherche à ce
que son entourage participe activement à la création.
Ce type est complètement malade, mais d'une manière
étonnante et belle.
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