Magazine
Recording Musicien (N°22)

Pays
France

Date de parution
Juin 2003

Propos recueillis par
Y.D.

Retranscription
www.deadstar.net

Adresse url
keyboardsrecording.fr

Couverture
 

Comment vous êtes-vous retrouvé au poste de producteur de 'The Golden Age Of Grotesque'?

Tim Skold : Je connaissais Marilyn Manson depuis un certains temps, on fréquentait les mêmes milieux et on avait des amis communs. Un jour, il m'a proposé de passer à son studio car il butait sur un problème, il avait l'air énormément frustré... Je lui ai dit que j'allais passer, mais aussi qu'il devait comprendre que je m'attache énormément à mes projets. Je ne travaille pas comme tous les producteurs/programmeurs, je voulais que ce soit clair pour lui dès le départ. Ça ne lui a pas posé de problèmes. On a enregistré la reprise de 'Tainted Love' et depuis, je ne l'ai plus quitté.

Vous êtes même devenu le bassiste du groupe entre temps.

TS : Au départ, on m'a engagé pour produire cet album. Je n'avais pas l'intention d'intégrer le groupe mais Twiggy Ramirez est parti au début des sessions. Comme j'étais bassiste, il m'a proposé le job. Je me suis dit : "Fuck, pourquoi pas?"

Pensez-vous que KMFDM représente une grosse influence pour lui?

TS : KMFDM a influencé une bonne partie de la scène indus et les musiciens du métal qui se sont mis à travailler avec des machines. Nos premiers albums ont défriché pas mal de terrain. Je ne sais pas si ces disques ont influencés Marilyn Manson, mais je suis persuadé que tous les programmeurs avec qui il a travaillé s'en sont servi comme point de référence.

Vous êtes-vous servi de votre home-studio pendant l'enregistrement?


TS : Je travaille mieux quand je suis nu et mes collaborateurs n'aiment pas ça (rires). Il m'arrive d'emporter du travail à la maison, où je possède un 24 piste Digidesign 888. En, studio, j'adopte une mentalité de guérillero. Il ne faut pas suivre les règles. Je préfère faire à ma manière, pour le meilleur et pour le pire. J'essaye de ne pas être prisonnié de la technique. Avec Manson, le plus important est la vitesse d'exécution. Il apporte des idées à chaque instant. Il faut réagir vite et avec les moyens du bord.

Avez-vous un logiciel de montage préféré?

TS : Je suis un peu old school, j'utilise Logic car j'ai grandi avec. Pour cet album, je me suis plus servi du Pro Tools DSP pour des raisons de transport, car j'ai l'habitude d'emmener des mixes bruts à la maison. C'est un peu dommage que Pro Tools soit devenu le standart, car il y a des choses que je n'aime pas trop sur le logiciel ou la compagnie qui le traite. On peut faire beaucoup de choses avec un studio de petite taille mais rien ne remplace la sensation de bosser sur une SSL. On peut se demander pourquoi dépenser des sommes pareils pour un mix, mais à l'arrivée, ça fait une sacré différence.

Comment qualifieriez-vous le comportement de Manson en studio?

TS : Ce n'est pas un control freak, mais un visionnaire. Il devine les choses. Il s'intéresse à la production et possède une oreille extraordinaire. Il m'étonne constamment. Si un plug manque sur une chaîne d'effets guitares, il le repérera dans la seconde. Il cherche à ce que son entourage participe activement à la création. Ce type est complètement malade, mais d'une manière étonnante et belle.