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Personnalités présentes ce soir là :
- Marilyn Manson
- Thierry Ardisson (dans le rôle du présentateur
mal informé)
- Baffy (dans le rôle du bouffon-qui-fait-jamais-rire)
- maître Capello (dans le rôle du vieux crouton de
la Dictée Magique)
- Jane (chanteuse du groupe Superbus dans le rôle de la
groupie)
- Chantal Lobbie (ancienne comique dans 'Les Nuls' et maman de
Jane).
Applaudissements... Marilyn Manson arrive sur le plateau de 'Tout
Le Monde En Parle'... musique de fond : les ricanements extraits
de la chanson 'Thriller' de M.Jackson... Il s'assoit près
de la chanteuse du groupe Superbus.
Marilyn Manson : Je m'assois là? Hello ! Bonsoir. Vous
parliez de drogues tout à l'heure et je n'étais
même pas encore arrivé !
Thierry Ardisson : Bonsoir Marilyn, donc
vous vous appelez Marilyn comme Monroe et Manson comme Charles
Manson. Ça vous est venu comment cette idée d'accoupler
le nom d'un tueur en série sataniste avec le prénom
d'une icône glamour de l'Amérique?
M.M. : Et bien je voulais être la meilleure représentation
possible de l'Amérique.
T.A. : Votre surnom c'est 'Antéchrist
Superstar', j'trouve ça assez bien ! Qu'est ce que vous
en pensez maître?
Maître capello : Faut l'prouver !
T.A. : (rires) C'était le nom d'ailleurs
d'un de ses albums et Marilyn Manson est une star donc du shock-rock,
ce que l'on peut appeler le shock-rock dans la tradition des Stones
avec 'Sympathy For The Devil', ensuite il y a eu Black Sabbath
avec Ozzy Osbourne, Alice Cooper, les Sex Pistols : "je suis
un anarchiste, je suis l'antéchrist" chantait Johnny
Rotten. Alors on est très content de vous avoir ce soir
parce que vous êtes une star mondiale Marilyn!
M.M. : merci.
T.A. : Votre prochain album s'appelle 'The
Golden Age Of Grotesque' et le premier single est déjà
sorti et il s'appelle 'mOBSCENE'.
(musique de 'mOBSCENE' et applaudissements)
T.A. : Hey Jane, vous vous rendez-compte
quand même, vous êtes ici ce soir à coté
de Marilyn Manson hein?!
Jane : (particulièrement excitée) Ah ouais,
à c'est clair, c'est incroyable, merci, merci, merci...!!!
Baffy : Juste Thierry, il y a un e-mail qui vient de tomber, beaucoup
de gens règlent leurs téléviseurs, tout ça
est normal... Les gens qui viennent maintenant...!
T.A. : Peut-être que les gens croient
qu'ils regardent deux chaines à la fois, une chaîne
où il y aurait maître Capello, une chaîne où
il y aurait Marilyn Manson. Pas du tout, c'est la même chaine,
c'est France 2... Bien, donc sortie de votre nouvel album et puis
l'autre raison de votre présence ici, c'est le succès
mondial du documentaire de Michael Moore qui s'appelle 'Bowling
For Columbine' qui a donc été évidemment
primé un peu partout : aux Césars, aux Oscars qui
est consacré aux armes à feu aux USA. Alors Columbine,
c'est une université du Michigan où deux élèves
avaient ouvert le feu sur des camarades. Et on s'était
aperçu après que c'était des fans de vous...
On en parlera plus tard, deux raisons de vous avoir ce soir. Mais
on va commencer par le début Marilyn Manson, vous êtes
né le 5 janvier '69 et votre vrai nom c'est Brian Hugh
Warner.
M.M. : c'est exact (sourire en coin).
T.A. : Votre père est un ancien mécanicien
d'hélicoptère au Vietnam...
M.M. : Non... Si, si pardon!
T.A. : Mais j'me trompe jamais moi!
M.M. : Mais également, il gérait un magasin de meubles
'Kemart'.
T.A. : Ouais... Et les seuls moments d'intimité
de votre père avec vous, c'est quand il vous emmenait au
stand de tir pour vous apprendre à tirer, ça c'était
un vrai moment d'intimité avec lui. Et puis aussi il vous
emmenait aux concerts de Kiss hein?
M.M. : J'avais à peu près 12 ans et mon père
avait justement un maquillage Kiss et il m'ammenait aux concerts
dans cette tenue. Mon papa était cool, c'est un type bien.
T.A. : Alors ça c'est votre papa,
votre mamman c'est l'inverse, elle était très, très
possesive, très étouffante. Et quand vous êtes
petit, Marilyn Manson, vous passez beaucoup de temps chez vos
grand-parents. Et vous découvrez la sexualité dans
la cave de votre grand-père! Alors dans la cave du grand-père...
Ah ça te plait ça Jane hein? Ah là, là!
Jane : Ah, ah, ah, ah!!!
T.A. : Alors dans la cave du grand-père
de Marilyn, il y avait quoi maître Capello?
M.C. : Je m'demande !
T.A. : Il y avait des lingeries féminines,
il y avait des godmichets enduis de vaseline...
M.M. : Vaseline en effet...
T.A. : Et puis y avait aussi des photos zoophiles
hein?
M.M. : C'est vrai.
T.A. : Drôle de grand-père quand
même?
M.M. : Ils avaient un cheval notamment. Voyez-vous, quand j'étais
gamin, mon grand-père me paraissait monstrueux mais en
grandissant, je me suis rendu compte que ben, j'suis comme lui!
Donc il n'est pas si mal que ça. Enfin, disons que je n'aime
pas trop les animaux, enfin les films zoophiles, ça j'aime
pas trop.
Baffy : Qui n'a pas tiré un cheval dans sa vie?! Faut pas
lui jeter la pierre non plus !
T.A. : Alors donc vous allez à l'école
à l''Heritage Christian school' hein? Et là évidemment...
(encore coupé par Baffy et Capello) Donc vous allez
dans cette école où l'on vous inculque des valeurs
fondés sur l'antéchrist et sur l'Apocalypse. Alors
évidemment tout ça travaille dans votre tête.
Vous essayez de vous adapter à l'école et un jour
vous leur apporter une photo : c'est des nuages dans le ciel qui
représentent un ange... Vous pensez leur faire plaisir?
M.M. : C'était ma grand-mère qui m'avait donné
cette image. Ils m'ont dit que c'était un faux. C'était
la seule fois où j'essayais de m'intégrer vraiment
dans ce milieu et quand on m'a dit que tout ça c'était
du bidon et ben j'ai arrêté de croire ou d'essayer
de croire à ce qu'on me racontait. Et au lieu de vivre
dans la peur, d'avoir des cauchemars et bien j'ai décidé
de devenir ce dont j'avais peur justement.
T.A. : Alors là c'est la révolte,
dès l'âge de douze ans vous vous révoltez
et vous êtes attiré par tout ce qui est interdit.
À l'époque vous êtes maigre, couvert de boutons,
vous êtes toujours tout seul, enfin vous avez eu une adolescence
assez terrible, non?
M.M. : Disons que je me sentais invisible, transparant. C'était
pas que j'étais rejeté, j'était vraiment
invisible, on ne me voyait pas. Et ce n'est qu'à travers
la musique ou l'écriture... Quand j'étais gamin
je me suis dit dit que je serai artiste ou écrivain. Je
pensais pas que j'allais chanter parce que je savais pas chanter
mais bon. Et c'est comme ça que j'ai trouvé ma propre
voie, j'ai créé mon monde.
T.A. : Et alors là, en compagnie d'un
certain John Crowel et de son grand frère, au lycée,
vous commencez à vous intéresser aux sciences occultes,
[...] aux doctrines sataniques. C'est l'époque où
vous visitez Disneyland sous acide...
M.M. : Cette émission me rappelle cet épisode un
peu surréaliste.
T.A. : Et là, vous faites de la scène,
donc c'est le scandale évidemment, vous vous masturbez
sur scène avec un faux pénis qui éjacule
un liquide improbable. Vous jetez des...
Baffy : Qui n'a pas eu recour à un accessoire Thierry?!
T.A. : Vous jetez des poulets vivants en
public mais c'est vrai que c'est le public qui les égorge...
[là, il y a une drôle de coupure, on attend une
réponse du principal intéressé vu cette déclaration
stupide mais l'émission passe directement à 4 extraits
musicaux de Marilyn Manson! Voici les quatres extraits : 'Sweet
Dreams...', 'The Beautiful People', 'Tainted Love', 'mOBSCENE'
et l'extrait du clip].
T.A. : Voilà c'était 'mOBSCENE'.
C'est le nouveau single extrait de son sixième album. Alors
Marilyn, au sujet de votre 5ème album, sur le précédent
vous avez déclaré : "C'est l'histoire d'un
innocent qui veut faire partie d'un monde qui ne l'accepte pas,
il se bat, il découvre sa révolution et fini par
devenir un objet marketing. Aujourd'hui vous êtes devenu
un objet marketing?
M.M. : On a essayé de reprendre ce que je fais, de l'exploiter
et d'en faire une marchandise.
T.A. : Et puis il y a donc l'affaire 'Columbine',
cette université du Michigan où deux fans ouvrent
le feu sur leurs camarades et les médias américains
vous accusent. Alors vous répondez "On ne peut pas
accuser Shakespeare de pousser les gens au suicide parce qu'il
a écrit 'Roméo & Juliette'", m'enfin c'est
vrai quand même que les gens qui ont tirés sur leurs
camarades étaient des fans de Marilyn Manson...
M.M. : En fait, il fallait un coupable. On m'a brandit un peu
comme étant cette effigie du coupable et j'ai décidé
de ne pas répondre à tout cela parce que je ne voulais
pas justement alimenter cette flemme. Les gamins voulaient acquérir
une espèce de célébrité malsaine,
l'amérique leur a donné ce qu'ils recherchaient
et je ne voulais pas y contribuer. On a associé le nom
Marilyn Manson à cette horreur et en fait Marilyn Manson
est devenu le produit de Columbine. C'était ironique mais
c'est quand même assez injuste d'être attaqué
par mon propre pays.
T.A. : Vous dites que cette histoire, finalement,
permettait d'oublier Monica Lewinsky, on oubliait aussi grâce
à ça les bombes balancés sur le Kossovo,
et vous dites "c'est moi qu'on accuse de provoquer un comportement
violent alors qu'à la même époque, les États-Unis
bombardaient la Yougoslavie...
M.M. : Exactement. D'ailleurs on peut en dire autant de ce qui
se passe actuellement. On continue à censurer mes mots
ou mes images ou ma musique mais en fait il y a une véritable
duplicité du gouvernement, et moi mon rôle, c'est
de mettre cette démarche au défi. Si l'Amérique
représente la démocratie, moi je dois représenter
la liberté d'expression. S'il n'y avait pas quelqu'un commme
moi, il n'y aurait personne pour remettre en cause les fausses
idées, remettre en cause certaines politiques, certaines
valeurs ce qui ne veut pas dire que je déteste l'Amérique,
je l'accepte pour ce qu'elle est. Mon rôle, c'est d'en faire
un pays plus intéressant, plus divertissant en étant
beau gosse ! (sourire)
T.A. : D'accord! (rires) Alors, dans le film,
quand Michael Moore vous pose la question : "Qu'est ce que
vous diriez aux lycéens de Columbine?", vous répondez
: "Je les écouterais, ce que personne ne fait !"
M.M. : Oui, c'est quelque chose que je dis depuis le départ,
même avant l'incident de Columbine. D'ailleurs ce n'est
pas la première fois qu'une telle tragédie se produit.
Ce n'est pas moi qui ai inventé la violence et ce n'est
pas non plus les gamins de Columbine qui ont inventé la
violence. L'humanité a cette tendance, cette tradition
de s'auto-détruire et ça c'est quelque chose que
j'ai toujours évoqué dans ma musique. Alors c'est
quand même assez curieux que l'on me montre du doigt parce
que tout ce que je dis, tout ce que je chante, c'est un commentaire
sur cette triste réalité.
T.A. : Hey, il est vachement sage hein?
Chantal Lobie : J'trouve !
Baffy : C'est con qu'il ai perdu une lentille, ça se voit
un peu !
T.A. : Bien, ben merci beaucoup Marilyn,
merci d'avoir été avec nous. Bye, bye ! ...Alors
Jane, t'es contente?
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