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Ton nouvel album est inspiré
du conte Alice au Pays des Merveilles, plus particulièrement
le titre. Pourquoi avoir choisi ce titre ? Pourquoi Lewis Carroll
et son conte te passionnent tant ?
Seulement une partie de l'album parle d'Alice au pays des merveilles.
J'aime le concept d'être consommé par quelqu'un autre.
Cela peut être rapporté au Christ qui est devenu
un symbole, et ce symbole devenu une religion est désormais
consommé par les gens qui croient en cette religion. Cet
album est un symbole pour moi. C'est la première fois que
je redeviens humain, quelqu'un peut me consommer avec un degré
de soumission, de sacrifice et de romance. C'est un disque très
romantique.
Peux-tu nous parler de Phantasmagoria ?
Phantasmagoria est repoussé brièvement jusqu'en
octobre à mon avis. Je préfère me concentrer
sur l'album et la tournée. L'an dernier je suis devenu
si obsédé par les personnages de Lewis Carroll et
de Charles Dodgson que je lisais, que j'avais besoin de prendre
un peu de distance par rapport à moi-même avant de
finir le film. Cet album n'existerait pas si Phantasmagoria n'existait
pas. J'étais dans un état où je ne pouvais
plus rien faire d'autre, j'étais perdu. J'avais perdu tout
espoir et j'étais en opposition avec la vie dans un sens.
Je ne veux plus être comme ça à nouveau. Sur
cet album, vous pouvez m'entendre renaître, entendre une
romance mourir et une romance en train de naître. Cet album
n'a rien de personnel mais il représente qui je suis et
ce que je ressens. Si vous écoutez, vous verrez que j'ai
écrit les paroles spontanément. Le premier morceau
de l'album dit “Christmas Morning, 6 am" et
c'est à ce moment que j'ai écrit. J'ai fini d'enregistrer
cet album très récemment. Je n'ai pas encore eu
assez de temps pour prendre du recul et parler de tout ça
de manière objective.
Comment expliques-tu ce changement musical
pour le nouvel album ?
La musique m'a bien évidemment occupé une bonne
partie du temps cette année, mais avec ma relation j'étais
dans une position où je devais changer ma manière
d'être et faire comme n'importe qui d'autre. Je devais être
simple. Aller au lit et me réveiller avec des sons. C'était
marrant. Je devais changer de vie à cause du mariage, je
pensais que cette manière me permettrait de faire plus
de musique et de vivre mieux. C'est l'album de l'antéchrist
qui devient humain et qui commence à ressentir des sentiments,
notamment l'amour. La musique que j'écoutais au moment
de l'enregistrement, c'était plutôt Diamond Dogs
(David Bowie), OK Computer (Radiohead) ou Purple
Rain (Prince). J'ai essayé d'écrire un
album que je n'avais jamais fait auparavant. Celui-ci est plus
mélodique, plus « guitar hero » et comble mes
attentes en ce qui concerne le chant. C'est une combinaison chanceuse.
Je chante ce que je devais chanter. C'est aussi un album où
je chante plus qu'à l'habitude.
Il y a de nombreux solos sur cet album. Tu
pourrais peut-être nous dévoiler le guitariste qui
te suivra en tournée ?
Oui, parfaitement. Tim Skold a produit cet album avec moi en jouant
les parties de guitares et de basse. C'est lui qui assurera la
guitare en tournée. Nous avons un nouveau bassiste, Rob
Holiday, anciennement dans Prodigy.
Si tu devais résumer en quelques mots
ton album, quels seraient-ils ?
Quatre mots ? Eat Me, Drink Me ! (rires) Mais non, je
pense que ce serait plutôt lié aux livres et aux
films que je regarde. Un peu comme Bonnie & Clyde, entre colère
et romantisme. C'est à la fois tout et rien.
Est-ce que ce sont des sonorités que
tu n'as pas pu mettre sur les autres albums à cause de
leurs concepts respectifs ?
Avant j'étais supposé écrire directement
les paroles sur ce qui affectait les gens autour de moi. A ce
jour, c'est l'album sur lequel je me suis senti le plus libre.
J'ai essayé d'écrire cet album comme pour séduire
quelqu'un, comme une manière de voir la vie. C'était
comme une performance, je voulais que les gens ressentent quelque
chose. Parfois il y avait du monde dans la salle où j'enregistrais
les morceaux. A la première prise, je chantais en baisant
sur le sol. C'était confortable de toute manière.
Tu as changé dans ton style musical,
qu'en est-il de ton apparat visuel ?
Tu veux parler de la taille de mon pénis ? (rires)
Je pense que cette tournée va être plus théâtrale
que la précédente. Ce sera plus concentré
sur moi comme un chanteur ou peut-être comme un performer.
Le premier titre sera « If I Was a Vampire » comme
sur l'album. Ca restera un show très mansonien, à
ma manière.
Face à cette évolution musicale,
comment penses-tu que vont réagir tes fans ?
Je penses qu'il est difficile de déterminer une définition
de ce qui est un fan. Je ne veux pas m'abaisser à des gens
qui ne m'ont jamais écouté, jamais vu ni entendu
et encore moins qui n'ont aucune perception de qui je suis. Mon
attention se porte sur les gens convaincus par ma sincérité
et mes nouveaux fans pour leur droiture. Sans eux, cet album n'existerait
pas et moi non plus. C'est aussi simple que ça.
Et à propos de Ginger ?
Ginger est dans le groupe aussi mais cet album est une collaboration
exclusive entre moi et Tim Skold même s'il était
très important pour moi de porter attention au fait que
nous soyons un groupe, comme un groupe de live qui enregistre
un album. On a fait beaucoup d'efforts pour que cela se passe
de cette manière. La partie simple pour moi était
de chanter. J'ai eu du mal à écrire les paroles,
puis une fois que j'ai écrit le premier morceau, tout est
venu très vite. C'est venu plus rapidement que je ne m'y
attendais.
Peux-tu nous parler en détails du
premier single, « Heart-Shaped Glasses » ?
Cette chanson a été écrite parce que je lisais
le livre Lolita et j'étais très proche de Evan Rachel
Wood, qui est maintenant ma petite amie. J'ai été
inspiré par l'affiche du film de Stanley Kubrick où
on voit Lolita avec ses lunettes en forme de coeur. Elle m'a beaucoup
inspiré pour la composition de l'album.
En ce qui concerne le clip, il sera en 3D et filmé par
James Cameron. Je ne sais pas encore à quoi ressemblera
le film, j'ai tourné un cours métrage. Ce sera probablement
controversé avec des scènes pornographiques. Je
ne sais pas ce qu'il va se passer. On m'interroge souvent parce
qu'Evan Rachel Wood est actrice, on me demande si elle sera dans
le clip. Oui. Elle sera aussi payée comme il se doit. Je
voulais que ce soit elle particulièrement qui joue dans
ce clip. Il y a une scène sexuelle. Je la respecte en tant
qu'actrice et quelqu'un aura la chance de forniquer avec elle.
(rires)
Tu as dit que l'Antéchrist était
et sera toujours un travail en constante progression. Penses-tu
que ce nouvel album montre un Antéchrist qui a grandi,
qui vit dans le monde des humains, qui est devenu humain et qui
ressent le sentiment le plus destructeur qu'il soit : l'amour
?
L'amour est quelque chose qui me détruit. C'est un peu
comme le mythe du vampire qu'on tue en plein cœur. Cet album
montre un point de ma vie où je suis attendu comme étant
plus mâture, plus responsable, plus adulte, étant
marié, etc… C'est le résultat d'expériences
affreuses. Je ne veux pas revivre d'expériences pareilles.
C'est toujours un travail en progrès et cet album en fait
partie.
Et à propos de la tournée qui
arrive ?
Tim Skold jouera de la guitare, Rob Holiday de la basse. Il y
aura bien évidemment le reste du groupe avec peut-être
quelques surprises pour le show. Ca sera plus théâtral
à la manière de la tournée pour Mechanical
Animals. On jouera probablement avec Slayer, c'est assez inattendu
aux USA. Ca sera une tournée comme un retour aux enfers
où je mettrais en avant l'aspect de « romance noire
».
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