Magazine
Black Market Music

Pays
États-Unis

Date de parution
Septembre 94

Journaliste
?

Retranscription & traduction
www.deadstar.net

Parlez-nous un peu de votre groupe. À quand remonte vos débuts?

Tout a commencé en 1990. À l'époque j'écrivais, pas vraiment des paroles de chansons mais plutôt des idées que j'avais en tête. Je n'avais pas pour ambition d'être dans un groupe, je ne pensais pas que se serait une bonne chose pour moi. Le nom Marilyn Manson m'est venu à travers deux niveaux différents. Au niveau médiatique - ils étaient tous deux les personnes les plus médiatiques des années 60. Au niveau philosophique, je pensais que se serait intéressant de prendre deux extrêmes et de les assembler et come up with something that was a gray area, qui dépasse les limites qui soit en accord avec ce que j'écrivais, tu vois, la manière dont je vivais à l'époque. je pensais que ce nom définissait vraiment bien ce que je voulais être et ce que je voulais faire. Puis, j'ai rencontré le guitariste (Daisy Berkowitz). Il avait composé de la musique. Nous avons expérimenté et avons écrit deux chansons : "Dogma" et "My Monkey", les tous premiers morceaux du groupe. C'est à ce moment que Marilyn Manson a vu le jour.

Vous n'étiez-donc pas dans un autre groupe avant?

Non.

C'est évident qu'à l'écoute de votre disque, vous êtes branchés sur les tueurs en série et ce genre de trucs, non?

Dans une certain mesure, mais je ne pense pas plus que la plupart des gens. Je ne suis pas fanatique mais je suis fasciné par la manière dont se comporte les gens à propos des tueurs en série. Je suis davantage intéressé par ce qui intéresse les gens à ce sujet. Je suis également intéressé par la relation qu'il peut y avoir entre les stars et les tueurs en série et comment ils peuvent parfois être semblables.

Hollywood Babylon?

Exactement. Après avoir vu Marilyn Monroe et Charles Manson l'un à coté de l'autre, il semble qu'ils n'étaient pas si différent que ça. Ils n'étaient pas si diamétralement opposés contrairement à ce que les gens pensaient. Ils se rejoignent à un moment donné. Je cherche à embellir les choses que les gens considèrent laides et je tends à trouver des choses que la société trouvent belles et les rendre laides...

Comme la chanson "Cake and Sodomy"?


Voilà! C'est ma façon de voir les choses. Si les gens disent qu'ils n'aiment pas quelque chose, je veux comprendre pourquoi. Généralement, les choses que je n'aiment pas sont en fait les choses qui me font peur. Je n'aime pas les gens faibles parce que j'ai peur de devenir faible. Je veux penser pour moi-même, Je ne veux pas que les gens me disent ce que je dois faire et en quoi je suis supposé croire. People often gravitate towards things like Marilyn Manson à cause de leurs peurs et ils aiment avoir peur. Les gens sont un peu comme une ballade dans un parc d'attraction et cette ballade est à vos propres risques. Les gens voient ce signe et veulent en savoir davantage parce qu'il savent qu'il y a du danger. Je me demande pourquoi la société a besoin de quelque chose comme Marilyn Manson, c'est ce genre de questions que je me pose. J'ai grandi dans la culture américaine, je suis un pur produit de l'Amérique! Donc que la société considèrent que ce que je fais est mauvais est complètement injustifié. Je suis un symptôme du problème qu'ils ont créé. Ils ne peuvent accuser personne sauf eux-mêmes.

Comment t'es-tu retrouvé sur le label Nothing Records de Trent Reznor?

Nous étions amis depuis un certains temps. Il m'a appelé il y a deux ans pour me dire qu'il vivait depuis peu dans la maison de Sharon Tate et m'a proposé de venir la voir.

J'ai entendu dire qu'il l'avait transformé en studio d'enregistrement...

Ouais, donc j'y suis allé et nous avons commencé à discuter... Vous savez, nous étions courtisé par plusieurs majors mais elles étaient toutes terrifiées à l'idée de sortir notre album.

Pourquoi?

Ils n'étaient pas disposés à soutenir ce que je disais. Tout le monde ne partagera pas mes opinions et je m'en fou mais beaucoup de labels ne sont pas prêts à prendre des risques. Je ne vois pas pourquoi ils devraient nécessairement être d'accord avec mes idées pour nous signer. Trent partageait mes opinions et il voulait que le disque sorte donc il nous a soutenu. Lorsque nous avons travaillé avec lui en studio, il n'a pas essayé de nous imposer un son particulier ou de nous faire sonner comme il le voulait. Il connaissait notre son et il a fait en sorte que le son soit le meilleur possible.

Donc le son de l'album de Marilyn Manson est le votre. J'étais curieux de savoir si il avait imposé quoi que se soit pour ce qui est de la production, C'est cool si il ne vous a pas imposé quoi que se soit. En écoutant votre CD, il semble que vous soyez branché par plusieurs trucs différents...

Je suis dans les extrêmes. Que ça soit dans l'extrême gentillesse, l'extrême violence ou l'extrême n'importe quoi.

Cet extrait de cette vieille émission "Lidsville" était assez extrême avec ce rire de Mad Hatter. C''est trop mortell!! Ca m'a presque donné un headrush quand je l'ai entendu la première fois sur le disque. D'où vous êtes venu l'idée d'utiliser cet échantillon?

Je suis très nostalgique et cette nostalgie joue un grand rôle dans ce que nous faisons. Parce que les choses sont nouvelles ne veut pas forcément dire qu'elles sont meilleures. Vous savez... certaines choses comme... Lidsville, ça vous ramène à ce moment de votre vie. Comme notre chanson "Lunchbox", c'est un peu une autobiographie de mon adolescence. Il y a cinq ans, j'ai retrouvé ma boite à goûter metallique (lunchbox) à l'éffigie du groupe Kiss et je me suis rappelé que je n'avais pas le droit de l'emmener à l'école catholique que je fréquentais. L'école pensait que c'était un groupe satanique, et à cette même époque, je me faisais tapé dessus par les gamins de l'école publique parce que je venais d'une école privée. Et j'ai finalement été viré de l'école catholique pour avoir volé de l'argent dans les portes monnaies des filles pendant la prière (rires).

Quel sale gosse!

Je trouvais ça poétique mais il n'étaient pas de mon avis. Je me souviens bien ce cette période et je me souviens aussi de ces gens qui me malmenaient. J'ai toujours su qu'un jour, j'aurai ma revanche et ce groupe est ma manière de revenir à la charge. Aujourd'hui, ces gens sont probablement entre deux âges et ont des familles et vivent dans une caravane. Je les emmerde !

J'ai entendu dire que tu passais ton temps à regarder les talk-shows à la télé...

Je n'ai pas eu le temps pendant la tournée mais sinon, je les regarde tout le temps. Je trouve que c'est très intéressant de voir comment le public gets self-righteous and the host gets self-righteous et accuserons une personne comme moi pour glorifier les meurtriers et exploiter les familles de victimes. The thing is their whole show glorifies it. Marilyn Manson est juste deux mots, tu peux en fait ce que tu veux. C'est l'Amérique qui a fait que Marilyn Manson est un mot "sale", because they're the ones that put Charles Manson into it. Whatever they want to do, you have to take the responsibilities for your actions. I don't want to hear any cop outs from anybody and try to blame it on an album, just because you're oppressed doesn't give you the right to oppress others. Just because you're victimized doesn't give you the right to victimize others, or if you do that, just take the rap for it.

Mais s'ils ne savent pas ce qui est mal? Je veux dire, s'il n'arrivent pas à faire la différence entre le bien et le mal?

C'est vrai, well that's part of another thing I believe in. A natural selection in Social Darwinism and it's a weeding out process, you've got the strong, you've got the weak - c'est la loi de la jungle. I think they should have gun laws removed, have drug laws removed and just find out qui veut vivre. Whoever wants to die on drugs is going to, and whoever wants to shoot each other is going to. L'Amérique essaie toujours de te protéger de toi-même, mais je pense que les gens savent comment se protéger d'eux-même, c'est un instinct animal. Les animaux donnent des droits aux hommes mais comment se fait-il que les hommes ne donnent jamais de droits aux animaux?

Ce serait mortel, mais cela n'arrivera jamais..

Tu ne peux pas savoir si cela n'arrivera jamais. Je trouve que ce serait cool... et j'avoue être un capitaliste, but if they outlawed money and people were measured by the value of what they can really do. I mean there's plenty of people that don't make any money and they really work their ass off and there's also people who are totally rich, that don't know anything. And then there's people that drain you of all your money by being on welfare and things like that. It's not my responsibility to fuck'n take care of people who can't. Les gens m'abordent dans la rue et me demande de l'argent. J'ai envie de leur dire : "trouve-toi un travail !" J'ai un putain de travail, pourquoi ce n'est pas le cas pour toi?!! Va chier!!! Je ne vais pas te donner mon argent, tu ne le mérite pas ! Tire-toi une balle dans la tête et arrête de faire perdre du temps et de l'argent aux autres.

J'ai l'impression que tu as lu beaucoup de choses phylosophiques...

Pas vraiment. J'ai beaucoup appris en parlant aus gens. Je suis intéressé par les écrits de Nietsche. Je soutiens beaucoup Anton Lavey, Se sont les deux personnes que je respecte le plus. Ils sont réalistes. Tu peux être idéaliste, tu peux être politiquement correcte et tu peux dire toutes les conneries que tu veux et porter ton badge de mec bien et dire : "Je vais me battre pour le droit des animaux mais je mange de la viande". Je veux dire, est-ce que tu y crois vraiment ou est-ce que tu essaies juste d'avoir une valeur dans ta vie? C'est ce que les gens devraient se poser comme question. Les gens sont très sélectifs sur la manière de juger les choses, ils font ce qui les arrange et ce n'est pas difficile, it's just when they walk around in self deceits and think that they're so righteous because they support this and are against that - c'est des conneries! Si je dis ça, je suis un hypocrite. Si tu admets être un hypocrite alors tu peux dépasser tout ça et être plus réaliste que la plupart des gens. Je dis toujours à tout le monde que ce que je dis est un mensonge. Tout est un mensonge parce que la vérité est seulement relatif à celui qui le croit parce que la vérité est seulement relative à celui qui la croit, so you pick what lie works for you, as long as you know it's a lie and you don't try and fool yourself - tu ne peux pas perdre. Il n'y a rien dans ce que les gens disent sur moi qui me rend dingue parce que je m'en fou. Si les gens critiquent notre musique, je m'en fou. Si tu n'aimes pas, tu n'aimes pas.

À propos de la mort associée à Marilyn Manson...

En fait, je ne suis pas du tout dans un trip sur la mort et je ne souhaite pas me suicider... Mon opinion sur le suicide, c'est que si un jeune écoute notre album et décide de se suicider, et bien "à un de ses quatres". Parce que tu es un idiot, tes parents t'ont élevé pour être un idiot, un crétin. Je crois qu'il y a trop de gens dans ce monde et si tu te suicide, très bien, il y aura plus de place pour moi. Je m'en fou.

Donc votre avis sur le suicide, c'est que si quelqu'un va le faire, ils le fera et peu importe la raison...

C'est leur responsabilité, pas la mienne. Je suis reponsable des mes actions donc ils devraient faire la même chose, c'est mon avis. C'est la faute de leurs parents.

Que regardais-tu à la télévision lorsque tu étais jeune?

Je regardais ScoobyDoo. J'ai toujours eu un faible pour Dafney. Je me souviens d'avoir eu ma première érection à cause de Dafney.

Comment ça?

Et bien, un jour je matais ScoobyDoo (regardant sa bite) et je me suis dit : "Qu'est-ce que c'est?" (rires)

C'est différent, avoir une érection en voyant un personnage de dessin animé. C'est donc toi qui a réalisé la pochette de "Portrait of an American Family"?

Ouais, j'ai confectionné ces poupées lorsque nous étions en studio. Je collectionne des poupées dans ce genre là.

Quelques anecdotes sur cette tournée?

J'ai foutu le feu à beaucoup de trucs. Nous étions un soir à Seattle après un concert. J'étais bourré et un mec jouait au con alors j'ai enflammé la piste de danse.

Tu as fait quoi?

J'ai mis le feu à la piste de dance. (rires)

Comment tu t'y est pris?

Avec une petite boite remplie d'essence et une allumette. À New-York, un journaliste me posait des questions stupides alors j'ai foutu le feu.

Je dois faire du bon boulot alors?

Et bien, depuis dix jours, je ne joue plus avec le feu et je ne bois plus de Jack Daniels. Donc, cette semaine je me suis un peu mieux comporté.