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Parlez-nous
de l'endroit d'où vous venez.
M.M. : Ft. Lauderdale est un ville ennuyeuse qui aime être
choqué dans une certaine mesure donc, j'imagine que c'est
la raison pour laquelle c'est l'origine de notre musique. C'est
plus violent, plus choquant que tous les groupes qui nous entourent.
Nous voulions ça et les gens le voulait au même moment.
Quand le groupe à débuté il y a quatre ans,
il n'y avait rien d'autre qu'une scène underground. C'était
surtout des groupes qui reprenaient des chansons de heavy metal
et on souhaitait en foutre plein la gueule à tout le monde.
Lauderdale est une ville touristique. Tout le monde bronze au
soleil, tout le monde va à la plage. Je pense qu'on a eu
une réaction naturelle à s'opposer à tout
ça.
Comment sont les flics là-bas?
M.M. : Ça va. On s'est fait acrocher à droite,
à gauche. Nous faisions une séance photo et ils
voulaient nous arrêter. Ils nous ont juste emmerdé,
ils nous demandaient si on faisait parti d'une secte. Un des mecs
du groupe a été arrêté après
un concert parce qu'il s'est fait jarté d'un club. Voilà
les quelques emmerdements qu'on a eu avec la police. Rien d'important.
J'ai l'impression que la Floride est un véritable
étât policier.
M.M. : Nous avons reçu une plainte à cause
de notre mailing list mais nous n'avons jamais été
approché par la police. Il y a eu des menaces pour interdire
nos concerts juste à cause de nudité ou du feu ou
pour des actes sexuels. Peut importe ce qu'ils ont cru qu'il se
passait ... Peut importe ce qui arrive vraiment, ça arrive.
Nous avons failli être arrêté parce qu'on avait
un gosse de six ans enfermé dans une cage sur scène
qui chantait une de nos chansons. Il y avait également
une fille nue crucifiée sur scène. Le gamin ne voyait
pas la fille nue mais le public voyait les deux. Je trouvais que
c'était un petit projet scientifique bizarre sans pour
autant être contraire à la loi...C'était le
gamin qui chante sur notre disque, Robert. Je suis ami avec son
père. Il écoutait notre démo tout le temps
et il connaissait tous les textes. Il est venu dans notre maison
et a chanté une chanson. Nous lui avons demandé
si ça lui plairait de chanter sur l'album et puis je l'ai
invité à chanter sur scène...
Et à propos des groupes de Floride
comme Morbid Angel et The Genitortures?
M.M. : Nous sommes amis avec les deux mais nous avons toujours
été le genre à s'éloigner de tous
les autres groupes. La scène musicale est vraiment bizarre
là bas. Certains groupe sont ensembles mais nous avons
commencé dans notre coin et personne n'a jamais voulu nous
aider. Beaucoup de ces groupes de rock "techniques"
ne nous ont jamais respectés et nous disait que notre musique
était merdique. Ils ne nous aimaient pas.
Qu'est ce qui est plus facile en Floride
: être malsain ou gay?
M.M. : Vu comment est le politiquement correct, si nous
disions que nous sommes gay, nous serions probablement encouragés.
Mais nous ne le disons pas. Je ne pense pas que l'un ou l'autre
aide ou au contraire soit problématique en Floride.
Êtes-vous prêts à ce que
les groupes gays vous ignorent?
How much of what you guys do is tongue-in-cheek?
M.M. : C'est à l'auditeur d'en juger. Pour ma part,
j'ai mis une totale sincérité dans les textes et
dans ce que je fais. Mais la sincérité doit être
objective, c'est seulement pour les gens qui croient en quelque
chose. Je ne veux jamais dicter une ligne de conduite sur ce qui
est sérieux et sur ce qui ne l'est pas, voilà pourquoi
je veux que les gens décident par eux-mêmes.
Aimez-vous Alice Cooper?
M.M. : Oh ouais! Alice Cooper, David Bowie, Iggy Pop, Kiss.
Marilyn Manson au début était un concept, Il n'y
avait pas de musique derrière ça. c'était
un nom qui voulait tout dire. Je voulais l'endosser. C'était
androgyne, c'était homme ou femme, c'était positif
ou négatif, c'était moche ou beau, c'était
l'amour ou la haine. Ils sont tous deux célèbres
pour des raisons complètement différentes et je
pensais que ce serait la partie la plus intéressante. J'ai
eu cette idée et puis j'ai renconctré Daisy Berkowitz,
qui est le guitariste du groupe. Il avait fait des musiques et
je voulais m'en servir. On a commencé à écrire
des chansons et nous avons continué le concept avec d'autres
musiciens pour faire un groupe. Cette idée d'identité
n'était pas pour avoir des gimmicks ou avoir un nom de
scène, c'était une moquerie du fait que les gens
ont besoin de sensationnel et d'attention.
Ton avis sur Marilyn
Monroe?
M.M. : Beaucoup de gens la voit comme la
très belle starlette mais, bien-sûr, elle avait un
côté négatif. C'est ce que je voulais montrer
pour tout, ces choses qui semblent innocentes et belles ont toujours
leurs mauvais côtés. Charles Manson est vu comme
le personnage maléfique et méchant mais il a beaucoup
de choses intelligentes à dire également.
Si Marilyn n'avait pas existé.
À quelle personne célèbre aurais-tu pu t'identifier?
M.M. : C'est une bonne question.
Je n'ai jamais pensé à ça. Cela semblait
être juste quelque chose pour moi. Le seul personnage qui
était mystérieu pour moi était Betty Page.
Je ne pense pas qu'on pourrait trouver quelqu'un comme Marilyn
Monroe pour moi comme genre d'identité. Une chose aussi
c'est que le nom Manson est automatiquement associé à
lui, le nom Marilyn est automatiquement associé à
elle.
Et si ça n'avait pas été
Charlie, ce serait Marilyn qui?
M.M. : Je ne pense pas qu'on puisse
le comparer à quelqu'un d'autre. Il y a quatre ans, quand
nous avons commencé le groupe, Charles Manson a renforcé
mon point de vue sur les choses.
Et sur le fait de prendre un nom d'un
tueur en série? Et votre avis sur la sous-culture des tueurs
en série qui fascinent autant?
M.M. : Je regarde les tueurs en série
cyniquement. Ça fascine les gens parce qu'ils ont peur
d'être tués par un tueur en série. L'Amérique
en a fait des héros. L'amérique se plains que les
gamins les idolâtre, mais ils ne font rien pour changer
les choses.
M.W.Gacy : Je pense que quelque chose comme le magazine 'Creepy'
qui a toujours existé dans la culture américaine
a été baisé par le grand public américain
et les gens ont peur. Comme ça l'a toujours été
avec la culture Beatnik/Hippie. Depuis que les gosses de classe
moyenne s'en soucient, tout les monde est fasciné par les
mauvais garçons. Les gens aiment lire des choses sur l'Inquisition
pas à cause de la politique, mais à cause de la
torture.
M.M. : Il n'y avait pas grand chose avant la télé
parce que la télé à tout apporté à
ce niveau.
Quel tueur vous répugne?
M.M. : Les seules personnes qui me
répugnent sont ceux qui se prétendent bons chrétiens
et qui vont se faire pardonner pour leurs crimes. Je pense que
si quelqu'un commet un crime, il doit se sentir responsable. Je
n'ai pas d'amour ou de haine pour aucun d'entre eux. Je pense
que l'on peut trouver quelque chose d'intéressant dans
leurs propres histoires.
Ne serait-ce pas un phénomène
anthropologique impersonnel?
M.M. : Tout dépend de qui
tu es. Je suis sur que ce n'est pas impersonnel pour quelqu'un
qui a perdu sa famille à cause d'un tueur en série.
Êtes-vous prêt à communiquer
avec les familles de victimes?
M.M. : Je m'y attends uniquement parce que les gens ne
sont pas capables de comprendre ce que j'essaie de dire et ils
ne vont pas nous juger à notre juste valeur. Je ne donne
pas systématiquement de messages positifs, mais juste se
questionner pourquoi les gens sont fascinés par les tueurs
en série. Ce n'est même pas être fasciné.
Je suis malade du politiquement correct américain qui se
plains que les gamins sont fascinés par les tueurs en série
et la violence. En fait, nous sommes là pour dire "Vous
êtes responsable de tout ça, maintenant vous devez
faire avec." Voilà ce qu'est Marilyn Manson, nous
sommes la vérité la plus hideuse que vous ayez créé
et maintenant c'est l'heure d'en faire les frais.
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