Magazine
Seconds

Pays
États-Unis

Date de parution
Septembre 94

Journaliste
David Aaron Clark

Retranscription & traduction
www.deadstar.net

Parlez-nous de l'endroit d'où vous venez.

M.M. : Ft. Lauderdale est un ville ennuyeuse qui aime être choqué dans une certaine mesure donc, j'imagine que c'est la raison pour laquelle c'est l'origine de notre musique. C'est plus violent, plus choquant que tous les groupes qui nous entourent. Nous voulions ça et les gens le voulait au même moment. Quand le groupe à débuté il y a quatre ans, il n'y avait rien d'autre qu'une scène underground. C'était surtout des groupes qui reprenaient des chansons de heavy metal et on souhaitait en foutre plein la gueule à tout le monde. Lauderdale est une ville touristique. Tout le monde bronze au soleil, tout le monde va à la plage. Je pense qu'on a eu une réaction naturelle à s'opposer à tout ça.

Comment sont les flics là-bas?

M.M. : Ça va. On s'est fait acrocher à droite, à gauche. Nous faisions une séance photo et ils voulaient nous arrêter. Ils nous ont juste emmerdé, ils nous demandaient si on faisait parti d'une secte. Un des mecs du groupe a été arrêté après un concert parce qu'il s'est fait jarté d'un club. Voilà les quelques emmerdements qu'on a eu avec la police. Rien d'important.

J'ai l'impression que la Floride est un véritable étât policier.

M.M. : Nous avons reçu une plainte à cause de notre mailing list mais nous n'avons jamais été approché par la police. Il y a eu des menaces pour interdire nos concerts juste à cause de nudité ou du feu ou pour des actes sexuels. Peut importe ce qu'ils ont cru qu'il se passait ... Peut importe ce qui arrive vraiment, ça arrive. Nous avons failli être arrêté parce qu'on avait un gosse de six ans enfermé dans une cage sur scène qui chantait une de nos chansons. Il y avait également une fille nue crucifiée sur scène. Le gamin ne voyait pas la fille nue mais le public voyait les deux. Je trouvais que c'était un petit projet scientifique bizarre sans pour autant être contraire à la loi...C'était le gamin qui chante sur notre disque, Robert. Je suis ami avec son père. Il écoutait notre démo tout le temps et il connaissait tous les textes. Il est venu dans notre maison et a chanté une chanson. Nous lui avons demandé si ça lui plairait de chanter sur l'album et puis je l'ai invité à chanter sur scène...

Et à propos des groupes de Floride comme Morbid Angel et The Genitortures?

M.M. : Nous sommes amis avec les deux mais nous avons toujours été le genre à s'éloigner de tous les autres groupes. La scène musicale est vraiment bizarre là bas. Certains groupe sont ensembles mais nous avons commencé dans notre coin et personne n'a jamais voulu nous aider. Beaucoup de ces groupes de rock "techniques" ne nous ont jamais respectés et nous disait que notre musique était merdique. Ils ne nous aimaient pas.

Qu'est ce qui est plus facile en Floride : être malsain ou gay?

M.M. : Vu comment est le politiquement correct, si nous disions que nous sommes gay, nous serions probablement encouragés. Mais nous ne le disons pas. Je ne pense pas que l'un ou l'autre aide ou au contraire soit problématique en Floride.

Êtes-vous prêts à ce que les groupes gays vous ignorent?
How much of what you guys do is tongue-in-cheek?


M.M. : C'est à l'auditeur d'en juger. Pour ma part, j'ai mis une totale sincérité dans les textes et dans ce que je fais. Mais la sincérité doit être objective, c'est seulement pour les gens qui croient en quelque chose. Je ne veux jamais dicter une ligne de conduite sur ce qui est sérieux et sur ce qui ne l'est pas, voilà pourquoi je veux que les gens décident par eux-mêmes.

Aimez-vous Alice Cooper?

M.M. : Oh ouais! Alice Cooper, David Bowie, Iggy Pop, Kiss. Marilyn Manson au début était un concept, Il n'y avait pas de musique derrière ça. c'était un nom qui voulait tout dire. Je voulais l'endosser. C'était androgyne, c'était homme ou femme, c'était positif ou négatif, c'était moche ou beau, c'était l'amour ou la haine. Ils sont tous deux célèbres pour des raisons complètement différentes et je pensais que ce serait la partie la plus intéressante. J'ai eu cette idée et puis j'ai renconctré Daisy Berkowitz, qui est le guitariste du groupe. Il avait fait des musiques et je voulais m'en servir. On a commencé à écrire des chansons et nous avons continué le concept avec d'autres musiciens pour faire un groupe. Cette idée d'identité n'était pas pour avoir des gimmicks ou avoir un nom de scène, c'était une moquerie du fait que les gens ont besoin de sensationnel et d'attention.

Ton avis sur Marilyn Monroe?

M.M. : Beaucoup de gens la voit comme la très belle starlette mais, bien-sûr, elle avait un côté négatif. C'est ce que je voulais montrer pour tout, ces choses qui semblent innocentes et belles ont toujours leurs mauvais côtés. Charles Manson est vu comme le personnage maléfique et méchant mais il a beaucoup de choses intelligentes à dire également.

Si Marilyn n'avait pas existé. À quelle personne célèbre aurais-tu pu t'identifier?

M.M. : C'est une bonne question. Je n'ai jamais pensé à ça. Cela semblait être juste quelque chose pour moi. Le seul personnage qui était mystérieu pour moi était Betty Page. Je ne pense pas qu'on pourrait trouver quelqu'un comme Marilyn Monroe pour moi comme genre d'identité. Une chose aussi c'est que le nom Manson est automatiquement associé à lui, le nom Marilyn est automatiquement associé à elle.

Et si ça n'avait pas été Charlie, ce serait Marilyn qui?

M.M. : Je ne pense pas qu'on puisse le comparer à quelqu'un d'autre. Il y a quatre ans, quand nous avons commencé le groupe, Charles Manson a renforcé mon point de vue sur les choses.

Et sur le fait de prendre un nom d'un tueur en série? Et votre avis sur la sous-culture des tueurs en série qui fascinent autant?

M.M. : Je regarde les tueurs en série cyniquement. Ça fascine les gens parce qu'ils ont peur d'être tués par un tueur en série. L'Amérique en a fait des héros. L'amérique se plains que les gamins les idolâtre, mais ils ne font rien pour changer les choses.

M.W.Gacy : Je pense que quelque chose comme le magazine 'Creepy' qui a toujours existé dans la culture américaine a été baisé par le grand public américain et les gens ont peur. Comme ça l'a toujours été avec la culture Beatnik/Hippie. Depuis que les gosses de classe moyenne s'en soucient, tout les monde est fasciné par les mauvais garçons. Les gens aiment lire des choses sur l'Inquisition pas à cause de la politique, mais à cause de la torture.

M.M. : Il n'y avait pas grand chose avant la télé parce que la télé à tout apporté à ce niveau.

Quel tueur vous répugne?

M.M. : Les seules personnes qui me répugnent sont ceux qui se prétendent bons chrétiens et qui vont se faire pardonner pour leurs crimes. Je pense que si quelqu'un commet un crime, il doit se sentir responsable. Je n'ai pas d'amour ou de haine pour aucun d'entre eux. Je pense que l'on peut trouver quelque chose d'intéressant dans leurs propres histoires.

Ne serait-ce pas un phénomène anthropologique impersonnel?

M.M. : Tout dépend de qui tu es. Je suis sur que ce n'est pas impersonnel pour quelqu'un qui a perdu sa famille à cause d'un tueur en série.

Êtes-vous prêt à communiquer avec les familles de victimes?


M.M. : Je m'y attends uniquement parce que les gens ne sont pas capables de comprendre ce que j'essaie de dire et ils ne vont pas nous juger à notre juste valeur. Je ne donne pas systématiquement de messages positifs, mais juste se questionner pourquoi les gens sont fascinés par les tueurs en série. Ce n'est même pas être fasciné. Je suis malade du politiquement correct américain qui se plains que les gamins sont fascinés par les tueurs en série et la violence. En fait, nous sommes là pour dire "Vous êtes responsable de tout ça, maintenant vous devez faire avec." Voilà ce qu'est Marilyn Manson, nous sommes la vérité la plus hideuse que vous ayez créé et maintenant c'est l'heure d'en faire les frais.