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Il semble que l'histoire
se répète : juste avant la sortie de 'Antichrist
Superstar', Daisy Berkowitz quittait le groupe, à peine
achevé l'enregistrement des guitares. Zim-Zum est parti
dans les mêmes conditions, remplacé par John Lowery.
Vous vous acharnez sur les guitaristes ou quoi?
MM : C'est de l'histoire ancienne. Les faits ne sont que pur coïncidence.
J'espère simplement que cela ne va pas devenir une habitude
et que pour le prochain album, nous n'aurons pas un guitariste
qui l'enregistre et un autre pour la tournée.
Dans quelle mesure un changement de musicien
peut altérer la musique?
MM : Cela influe sûrement, mais quand Zim-Zum a rejoint
le groupe, nous étions encore un tout jeune groupe. Il
a été très simple pour lui d'apposer sa griffe
et marquer nos sonorités. Maintenant, le problème
se complique, parce que le public s'est habitué à
ce son. Il risque d'être surpris par de nouveaux éléments.
Attendons de voir comment il réagit à nos concerts.
N'est-il pas décevant pour toi de voir qu'après
avoir été rejeté par le grand public, tu
finis par t'imposer, mais que ce sont finalement tes troupes qui
te lâchent?
MM : Non, pas vraiment. Ce groupe, c'est Twiggy Ramirez et moi.
En dehors de nous, ce sont juste des musiciens. J'ai toujours
considéré que c'était notre groupe à
tous les deux et que les autres étaient des musiciens qui
nous filaient un coup de main pour finaliser notre vision de la
musique et de la scène. Pour les autres, quitter ou se
faire virer du groupe, cela signifie seulement qu'ils n'étaient
plus dans le coup. Ils ne croyaient plus au groupe, ni en notre
puissance. Ils n'avaient plus la foi pour faire ce que nous attendions
d'eux. Parfois, il est préférable de changer plutôt
que de stagner.
Après le succès de 'Antichrist
Superstar', as-tu ressenti une pression de la part de ta maison
de disques qui espérait un nouveau succès commercial?
MM : Il y avait surement des attentes de ce coté-là,
mais j'ai choisi de ne pas y prêter attention. Ce groupe
a sa vie, son destin, et nous essayons seulement de l'accomplir.
Il n'y a rien de prémédité. Tout se fait
instinctivement. C'est ainsi pour chacun de nos albums.
Tes ambitions ont-elles évolué
après que tu aies réalisé l'ampleur de ton
succès?
MM : Je pense avoir été très ambitieux, alors,
je ne vois pas comment je pourrais l'être davantage. Par
contre, je suis sûrement plus conscient de la façon
dont je vais pouvoir accomplir ces ambitions au vu de notre véritable
potentiel et de celui du métier qui nous entoure. Nous
sommes davantage conscients de nos possibilités qu'au moment
de 'Antichrist'.
Tu sembles souvent incompris. Cela t'empêche
de dormir?
MM : Non, pas du tout. Ceux qui sont censés comprendre,
comprennent. Les autres... Tu sais ce qu'on dit : "On ne
peut pas satisfaire tout le monde, tout le temps". Personnellement,
je pense qu'avoir quelques détracteurs est une bonne chose,
tout comme une certaine hostilité entre les individus est
bénéfique.
En parlant d'ennemis actifs, on note une
très forte opposition religieuse à ton égard.
MM : C'est vrai et c'est très bien. Ces gens ne sont pas
tolérants et constituent une entrave à la liberté
d'expression. Nous sommes en fait un groupe très marqué
spirituellement, mais nous n'abrutissons personne avec ça.
Qu'est ce qui t'ennuie aux États-Unis
et que tu apprécies en Europe?
MM : Les États-Unis n'ont pas le sens de l'ironie. Ils
se prennent trop au sérieux. Ils parlent de liberté
d'expression mais je pense qu'en Europe, il est davantage question
de liberté de penser. La réalité aux États-Unis
est manipulée par la télévision. Ce que les
gens pensent, mangent, boivent, parlent... Ce que j'ai en commun
avec l'Europe? Je considère les États-Unis comme
un outsider. Tout ce qui craint là-bas est aussi ce qu'il
y a de mieux. Les talk-shows, la pornographie, la drogue, l'hypocrisie
sont à la fois bons et mauvais. C'est ce paradoxe qui est
l'essence de ma vie.
Que fait Brian quand tombe le masque de Manson?
MM : Je ne suis rien d'autre que Marilyn Manson. C'est moi, c'est
la réalité et pas seulement un personnage de scène.
Ce que vous voyez est vrai et je ne prétends rien d'autre.
Il n'y a rien de truqué chez moi. L'image est devenue réalité.
Beaucoup de rumeurs circulent sur ton compte.
Tennuient telles?
MM : Non, bien que je me demande parfois comment certains peuvent
croire des histoires aussi absurdes à mon propos. Je reconnais
que je préfère qu'on parle et qu'on écrive
sur moi, plutôt que de me heurter à l'indifférence
générale. Tu te bats pour réussir et une
fois que tu es au sommet, tu réalises que tu n'as plus
rien besoin de faire pour qu'on parle de toi. Une mauvaise pub
est toujours meilleure que pas de pub du tout, crois moi.
Tu l'as d'ailleurs largement alimenté
avec ta biographie, 'The Long Hard Road Out Of Hell'...
MM : J'ai fait ça? Bon, peut-être, mais j'essayais
seulement d'être le plus honnête en racontant mon
histoire. Je pense que certains y ont lu ce qu'ils voulaient y
lire.
Tu ne peux pas nier posséder une grande
influence sur ton public. Comment quantifies-tu ces responsabilités?
MM : Ma seule responsabilité est de divertir. C'est tout
ce qui me préoccupe. Les reste est incontrôlable.
Je ne peux pas maîtriser la façon dont une chanson
va être entendue, comprise ou interprétée.
Je fais mon truc en essayant de le présenter de la façon
la plus divertissante possible. C'est tout. La musique a été
présenté de façon trop sérieuse ces
dernièrs temps et c'est nous qui lui avons redonné
du piquant. Il n'y a rien de pire qu'un groupe qui joue du rock
en regardant ses pieds. Le public a besoin de grandeur, de sortir
de son monde, de quelquechose de théâtral et c'est
ce qui a manqué à la musique pendant trop longtemps.
Mais l'aspect visuel ne détourne-t-il
pas la musique de son but premier?
MM : Non, pas du tout. Je crois absolument au pouvoir de la musique,
mais je crois aussi, contrairement à ce qui se disait dans
le passé, qu'on ne peut pas déclencher une révolution,
ni un changement majeur... Bon, cela arrive parfois mais rarement
dans des proportions aussi importantes que ce qu'on a connu dans
le passé. Je pense que nous sommes capables de le faire,
mais il faut un environnement propice. De toute façon,
mon challenge actuel n'est pas de transformer mon style de musique.
Penses-tu que la musique est toujours importante
pour la jeunesse et qu'elle n'est pas atténuée par
les autres formes de divertissement?
MM : Les jeunes sont tellement gavés de télévision...
la musique propose une alternative à toutes les conneries
que proposent les autres médias. On dit au public quoi
penser, comment agir, comment s'habiller, tout ça à
la télévision. Ce sont des foutaises. la liberté
est nécessaire et la musique peut la procurer. Le problème,
c'est que les kids n'ont pas grand chose à écouter
en ce moment. On s'ennuie vraiment aux Etats-Unis. Personne ne
fait de musique. Par contre, j'entends de bonnes choses en provenance
d'Angleterre.
Vinnie Paul (Pantera) m'a dit que tu étais
un mec très sympa en backstage mais qu'il trouvait que
ton coté diabolique sur scène était peut-être
un peu trop violent pour des jeunes de 14 ans.
MM : C'est sympa. Merci Vinnie ! Si tu veux vraiment influencer
les gens, tu dois le faire quand ils sont encore malléables
et que leurs goûts ne sont pas définis. Si tu influences
des jeunes, cela reste en eux pour longtemps. Peut-être
pour le reste de leur vie...
Il a également déclaré
que tu étais "extravagant, nouveau et différent".
Tu prends ça comme un compliment?
MM : Absolument. Merci encore, brave Vinnie ! Pantera n'est pas
exactement mon genre de groupe mais nous les respectons pour ce
qu'il est et ce qu'il a accompli. Peu de musiciens ont autant
de mérite.
Black Sabbath débarque avec un album
live, 'Reunion'. Vous avez joué avec le groupe durant le
Ozzfest, l'année dernière. Votre musique est très
différente, mais quel regard portez-vous sur son parcours?
MM : Il est déterminant dans le développement de
tous les artistes qui jouent du heavy aujourd'hui, il a posé
des bases et il a joué un role essentiel dans notre évolution.
Nous leur sommes reconnaissants de ce qu'ils nous ont apporté.
Qu'est ce qui t'a féfinitivement transformé
pour te faire devenir ce que tu es?
MM : Le sexe, la drogue et le rock'n'roll. C'est pas plus compliqué
que ça.
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