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Le titre 'Mechanical Animals'
confronte la technologie aux êtres vivants. À quel
genre d'animal te réfères-tu?
MM : Ce disque est une sorte de vision hallucinatoire, une vision
utopique que j'ai du monde. Quand je regarde les autres, il ressemble
à des êtres humains, mais ils n'ont pas d'âme.
On dirait des androïdes, mais pas comme ces créatures
de sciences-fictions. Je parle d'une situation réelle où
les gens se comportent comme des machines. Moi, je veux découvrir
mes émotions. Et quand tu exprimes tes émotions,
tu te rend compte à quel point ceux qui t'entourent sont
froids.
Les paroles de 'The Dope Show', le premier
single de l'album, expriment des idées fortes sur l'utilisation
de drogues. Tes fans étant souvent très jeune, ne
crains-tu pas de leur donner un mauvais exemple?
MM : Le public interprète tout. Tu ne peux pas espérer
être parfaitement compris à chaque fois. J'écris
simplement des chansons sur ma façon de voir les choses.
La manière dont le public les perçoit ne relève
que de sa personnalité. Je m'efforce de rendre mon message
le plus clair possible, et tu t'en rend compte quand tu écoutes
'Mechanical Animals'.
'Antichrist Superstar' a été
immédiatement pris dans un tourbillon de polémique.
As-tu eu des difficultés à trouver d'autres idées
prêtant à controverse pour 'Mechanical Animals'?
MM : Je n'avais pas encore évoqué l'âme humaine
et c'est ce dont je parle le plus. Je découvre mes émotions.
Jusqu'ici, il s'agissait à tout prix de les refouler. Je
pense que la controverse réside dans le fait que personne
ne pensait que je serais capable de faire ce disque. Mes capacités
musicales et ma sensibilité ont été sous-estimées.
Michael Beinhorn a produit cet album.
Quel disque sur lequel il a travaillé à motivé
ta décision de le choisir comme producteur?
MM : En grande partie 'Superuknown' de Soundgarden. J'aime
beaucoup son travail. Je voulais que mon son soit organique. Plus
"rock'n'roll". C'est ce qu'il lui a apporté.
Le disque est assez pop, mais il contient
toujours des guitares metal et des paroles agressives, qui ne
sont pas des éléments courants dans la musique américaine.
Pourquoi penses-tu que les médias branchés s'intéressent
à ta musique?
MM : Ils répondent à une attente du public. Ce n'est
pas vraiment eux qui choisissent. De nombreuses personnes s'intéressent
à nous, ils sont obligés d'en parler. Je ne pense
pas que les médias incitent le public à acheter
mes albums, les deux se font en même temps.
Avec 'Mechanical Animals', dont l'enregistrement
est superbe et puissant, Marilyn Manson sonne plus comme un groupe
que le projet d'une seule personne. Comment réagis-tu au
fait que les médias se focalisent sur toi?
MM : C'est peut-être frustrant pour les autres membres du
groupe, mais pas pour moi. J'assemble tout et c'est indiscutablement
moi qui aie la vision que le groupe doit suivre, mais je pense
qu'avec 'Mechanical Animals', en particulier au niveau de l'écriture,
chacun aura la reconnaissance qu'il mérite.
Le guitariste Zim-Zum vous a quitté
juste après l'enregistrement de l'album. Que s'est-il passé?
MM : Nous l'avons remplacé parce qu'il ne fournissait pas
les mêmes efforts que les autres. Il a aidé à
écrire des morceaux, mais il n'a pas manifesté le
désir de les voir aboutir. Cela dit, nous sommes toujours
amis.
A-t-il enregistré les guitares?
MM : Certaines, mais c'est Twiggy qui s'en ai surtout chargé.
Avais-tu le dernier mot lors de l'écriture?
MM : Twiggy et moi avons l'habitude de composer ensemble et j'écris
le plus souvent les paroles. mais il n'y a pas de règles
établies.
Le nouveau guitariste est John lowery aka
John 5, précédemment dans Two. Quels ont été
les critères pour le choisir?
MM : Son habileté. Je cherchais quelqu'un capable de jouer
les morceaux et qui soit motivé par le groupe.
Rob Halford n'a-t-il pas été
furax de perdre son guitariste?
MM : Probablement! Mais son groupe ne va nul part et John voulait
se barrer de toute façon.
L'ancien Red Hot Chili Peppers, Dave Navarro,
fait une apparition sur l'album. Que t'a-t-il artistiquement apporté?
MM : Il joue le solo sur 'I Don't Like The Drugs'. C'est assez
marrant, étant donné que la chanson parle de drogue
et que tout le monde sait qu'il en est consommateur.
Tu as déclaré que Billy Corgan
[ex-Smashing Pumpkins] avait été une influence pour
'Mechanical Animals'. Dans quelle mesure?
MM : Il nous a donné le point de vue d'un ami. Je lui ai
fait écouter les titres et il m'a donné son avis.
Il n'a pas participé à la création mais il
nous a encouragé. Nous prenions une nouvelle orientation.
La musique est très différente de celle de l'album
précédent. Comme je le respecte, je voulais savoir
son opinion.
Il y a quelques mois, le groupe a annulé
des dates en Europe, car Ginger Fish était malade. Que
lui est-il arrivé?
MM : Il n'était pas autorisé à voyager, car
il souffrait de troubles respiratoires. Nous aurions pu être
contaminés, si nous avions voyagé avec lui. Nous
avons donc annulé.
Ton succès a ramené l'image
glam du rock au devant de la scène et a poussé pas
mal d'artistes à explorer leur "féminité".
Pourquoi employer cette image androgyne?
MM : Tous raniment cette imagerie, ce que j'ai toujours essayé
de faire. Avec le grunge, beaucoup d'icones avaient disparu. J'essaye
de les faire revenir, parce que cela fait parti de ce que je fais,
la décadence... S'exprimer passe aussi par le look.
Beaucoup de rumeurs circulent sur ta sexualité.
Certains affirment que tu es hétéro, d'autres prétendent
que tu es homo ou bi. Qu'en est-il en réalité?
MM : Je me considère comme androgyne dans le sens où
je travaille ma personnalité. En ce moment, j'ai une copine,
mais au cours de ma vie, j'ai testé d'autres options.
Des rumeurs racontent que tu aurais eu une
liaison avec Twiggy Ramirez. Est-ce vrai?
MM : [Rire] Non, c'est juste mon colocataire. Nous vivons ensemble.
Si je devais avoir une liaison avec un homme, ce ne serait pas
Twiggy, parce qu'il a couché avec Courtney Love.
Tu sors avec l'actrice Rose McGowan. Comment réagit-elle
à ton fétichisme scénique?
MM : Je pense qu'elle respecte mon travail, tout comme je respecte
le sien pendant qu'elle tourne un film. Elle sait que je suis
un artiste. Certaines choses doivent la mettre mal à l'aise,
mais c'est le prix à payer quand on partage ma vie.
Boy george a déclaré à
la télé que tu souhaitais reprendre l'un de ces
morceaux. Tu le confirme?
MM : J'ai présenté ma mère à Boy Georges
et elle a flashé sur lui. J'ai essayé de lui expliquer
qu'il était gay, elle n'a pas compris. Elle lui écrit
des lettres d'amour. Ce qu'il a fait en débarquant dans
la musique était très puissant et a brisé
bien des tabous. Je pensais qu'il serait marrant de reprendre
'Do You Really Want to Hurt Me', parce que tant de gens me veulent
du mal. Mais je ne le ferai pas. C'était juste un projet
intérressant.
Dans ton autobiographie, tu racontes que
tu as refusé une fellation que te proposait Dave Navarro.
Comment a-t-il réagit en apprenant que tu commetais une
telle indiscrétion?
MM : Nous sommes amis. Il a toujours essayé de renverser
les rôles en affirmant que c'est moi qui la lui avait proposé.
Mais c'est son point de vue. Nous sommes toujours amis, sans quoi
il n'aurait pas joué sur l'album.
T'as t-il autorisé à écrire
cette histoire?
MM : Non, je ne lui en ai pas parlé. Mais il est content...
Il aime qu'on parle de lui.
Mais qui dit la vérité dans
cette histoire?
MM : Pour ma part, je dirais que c'est moi!
En parlant de ton livre, quel a été
le meilleur compliment et la pire critique qu'on t'ai faits à
son sujet?
MM : J'aime entendre dire que le lecteur s'y est identifié,
qu'il a pris du plaisir à le lire. Qu'il l'a trouvé
divertissant. La plus stupide critique que j'ai entendue? Qu'il
est mal écrit. Je pense le contraire. Même si tu
n'aimes pas, tu dois admettre que le style est fluide.
Que veux-tu dire par mal écrit ? Sur
le plan grammatical?
MM : Non, du divertissment. Certains disent que c'est un mauvais
bouquin. Même s'ils n'aiment pas, je pense qu'il est bien
écrit.
Entre 'Antichrist Superstar' et 'Mechanical
Animals', peu d'artistes ont suscité autant de remous :
protestations du gouvernement, des plaintes de mouvements religieux
et des annulations de concerts. Comment vis-tu le fait d'être
plus populaire par ta provocation que par ta musique?
MM : C'est un tout. Il faut tout prendre en considération
pour avoir une idée réelle de l'entité. Je
pense que nous en sommes à un point où tout le monde
se demandait ce que j'allais bien pouvoir faire. Ce disque leur
prouvera qu'il y a plus dans Manson que de la banale provoc'.
Deux fans ont été arrêtés
parce qu'ils portaient des T-shirts "I am the god of fuck",
citation du morceau 'Cake & Sodomy'. Qu'as-tu pensé
des problèmes qu'ils ont eu à cause du marchandising
du groupe?
MM : Les fans adorent ça presqu'autant que moi, parce que
lorsqu'ils portent un T-shirt, ils provoquent autant leur entourage
que moi avec une chanson.
As-tu pensé à retirer les T-shirts
du marché après cette histoire?
MM : Non, plutôt à leur envoyer davantage de T-shirts
gratos!
Parmi tous les problèmes rencontrés,
quel est celui qui t'as le plus énervé? Un qui t'ait
vraiment mis hors de toi...
MM : Ce qui me pèse le plus, c'est de nous empêcher
de jouer. Cela ne nous touche pas seulement nous, mais toute la
musique en général. Cela touche aussi ceux qui veulent
nous voir. C'est pour ça que parfois, j'essaye de calmer
le jeu.
Ta vidéo 'Dead To The World' débute
par des images de protestataires devant l'entrée de tes
concerts. Pourquoi leur donner cette opportunité. Ne penses-tu
pas que tu les aides en les montrant ainsi?
MM : Pas plus qu'eux ne m'aident en protestant. Je voulais simplement
que le reste du monde voit ce que je dois supporter tous les jours.
Mais leurs visages sont brouillés et ils sont anonymes.
De toute façon, ce sont tous les mêmes. Je pense
qu'il était symbolique de masquer leurs visages.
Après avoir quitté le groupe,
le guitariste Daisy Berkovitz a entamé des poursuites,
déclarant que le manager te donnait tout contrôle
sur les bénéfices, les droits d'auteur et les cachets
des concerts...
MM : Les poursuites sont toujours en cours. En fait, il s'imagine
qu'il est à l'origine de l'idée fondatrice de Marilyn
Manson. Mais sa seule implication fut d'être guitariste.
Le nom, les idées et toute la création sont toujours
venus de moi. Tous ceux qui travaillaient avec moi savent que
ses revendications ne sont pas fondées. J'essaye de ne
pas entrer dans son jeu.
Les membres de Sneacker Pimps ont raconté
qu'ils avaient détestés travailler sur 'Long Hard
Road Out Of Hell' pour la B.O. de 'Spawn'. Qu'as-tu à répondre
à cela?
MM : Le groupe s'est séparé depuis, donc je suppose
que quelque chose à foiré. Je me fous un peu de
ce qu'ils ont dit. Je présume que la fille doit travailler
dans un pressing maintenant... Quant aux autres, je ne sais pas.
J'aurai sans doute besoin de faire nettoyer ma voiture; dans ce
cas, je pourrai les appeler!
Tu viens juste de reprendre une chanson de
David Bowie, 'Golden Years', pour la bande originale de 'Dead
Man On Campus'. T'a-t-il influencé sur le plan visuel ou
musical?
MM : C'est difficile à dire. Il est une influence globale.
Il a toujours été l'un de mes héros, tout
comme Iggy Pop, John Lennon, Jim Morrison ou Alice Cooper... Tous
ces personnages ne sont que des icônes. Ils possèdent
une très forte image. Il m'a influencé à
bien des niveaux.
Trent Reznor a découvert Marilyn Manson;
il a signé le groupe sur son label et aujourd'hui, le groupe
est plus célèbre à travers le monde que Nine
Inch Nails. Que penses-tu de ce renversement de situation?
MM : Nous avons travaillé dur et je pense que le succès
est le reflet des efforts que tu fournis, de la façon dont
tu t'investis. Trent n'a pas sorti d'album depuis longtemps, contrairement
à nous. Nous sommes totalement différents. Les médias
sont une part importante de Marilyn Manson. C'est pourquoi je
joue le jeu à fond, presque autant que dans la musique.
Penses-tu que le public français s'identifie
davantage à ta musique qu'à ton idéologie?
MM : Difficile à dire. Je pense qu'il possède un
bon recul par rapport aux États-Unis. Tout comme moi. Il
s'identifie aussi beaucoup à la musique, parce qu'il y
a la barrière de la langue.
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