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Brian Warner, la tête pensante de Marilyn
Manson, n'a pas le look d'un jeune premier. Mais il s'en fout.
Il vous explique pourquoi sa vie est un show permanent et on vous
présente quelques copains à lui, autre principes
du bon goût qui tâche!
À quoi ressemblait ta vie quand tu
étais gamin?
MM : J'étais dans une école privée donc je
portais un uniforme et j'avais une coupe au carré. En fait,
j'étais fondamentalement mal dans ma peau et j'ai voulu
défier les règles usuelles. Je voulais exprimer
ce que je ressentais sans entraves.
À quel âge as-tu commencé
à t'intéresser à la musique?
MM : C'est venu très tôt, vers onze ans. La musique
était très importante car c'était un des
seuls moyens de m'évader de tout ça.
Quelles étaient tes idoles?
MM : J'en avais des tonnes. J'étais fasciné par
Kiss et leur look, mais il y avait aussi David Bowie, Iggy Pop
et même Boy Georges de Culture Club. Tous ces artistes semblaient
tellement sincères.
Tu rêvais de devenir une rock-star?
MM : En fait, je voulais devenir écrivain.
Que représente la musique pour toi?
MM : Je me sers de mon art pour essayer d'éveiller l'inspiration
des gens. Leur permettre d'être eux-même à
leur façon.
Ton look a toujours été, disons,
bizarre. Quelle est ta définition de la beauté?
MM : Je trouve que les choses imparfaites ou ce qui se rapproche
du "total look" sont magnifiques. Je ne trouve pas de
beauté dans ce qui est courant, commun ou naturel.
Pour toi, quel est le summum du mauvais goût
esthétiquement parlant?
MM : Courtney Love.
Pourquoi?
MM : Pas besoin de commentaires, il suffit de la voir! (rires)
Et le summum du bon goût?
MM : Marilyn Manson.
Pourquoi le look est-il si important pour
toi?
MM : Je pense que la manière dont tu t'exposes en public
reflète en grande partie ce que tu es en réalité
à l'intérieur. Lorsque tu regardes une personne,
son apparence extérieure peut te donner beaucoup d'informations
sur ce qu'elle est vraiment, sur ses goût, ce qu'elle veut
faire passer. Lorsque tu es un artiste, tu dois te servir de ton
propre corps comme moyen d'expression et pas seulement avec la
musique.
Passes-tu beaucoup de temps pour te maquiller?
MM : Une demi heure suffit et je fais ça tout seul.
Quand tu sors de chez toi, tu as toujours
ce "total look"?
MM : Oui, dès que je vais quelque part, dans un endroit
public, j'arbore ce look. Il n'y a que lorsque je dors dans mon
lit.
Attends, tu te sapes comme ça quand tu vas acheter du pain
ou du lait au supermarché?
MM : Je ne sors jamais de chez moi pour acheter du pain ou du
lait (sourire), j'envoie quelqu'un pour ça.
Ta copine Rose McGowan est-elle aussi excitante
dans la réalité que dans ses films?
MM : Oui, oui, ne t'inquiètes pas et même davantage
encore. (sourire amusé)
Quelle est ta définition de l'amour?
MM : Donner et permettre à l'autre de profiter d'une partie
de toi. Il y a une notion de possession qui est, je l'avoue, très
romantique. En écrivant 'Mechanical Animals', j'ai eu l'impression
d'avoir éprouvé des sentiments pour la première
fois de ma vie. C'est pour ça que ce disque tient de la
tragédie. Dans le passé, quand je hurlais mes émotions
à qui voulait les entendre, je me moquais que le monde
soit détruit le lendemain parce que je n'avais personnes
à qui j'étais attaché.
Beaucoup de blah-blah pour dire que tu es
tombé amoureux...
MM : Tu trouves aussi? (rires)
Dans tes chansons et sur scène, tu
joues quand même avec certains tabous (drogues, blasphèmes,
etc...) qui peuvent être dangereux pour des esprit faibles.
En es-tu conscient?
MM : Oui. Je me sens responsable d'inspirer mes fans et ils devraient
se sentir responsable d'évoluer intelligemment. Si tu veux
apprécier l'art, les livres ou la musique, il faut que
tu sois intelligent pour t'accaparer les messages et les interpréter
à ta manière sans tout prendre au pied de la lettre.
Tu pratiques toujours l'automutilation?
MM : Dans le passé, je me suis volontairement mis dans
des états de douleurs physiques car je ne ressentais rien
au niveau émotionnel. C'est la raison qu'il faut trouver
derrière cet attrait. Ceci dit, je pense effectivement
que j'ai évolué depuis le jour oû j'ai éprouvé
des émotions.
'Mechanical Animals' tente de toucher un
public plus large. Tu en a donc fini avec le satanisme?
MM : Le satanisme, c'est juste un thème qui m'a inspiré
dans ma carrière. Cet album là traite de la renaissance.
En fait, je commence à rassembler les côtés
droits et gauches de ma cervelle. Plus je ressens et j'éprouve
de choses, plus le monde me semble froid et mécanique.
Et toi, pour changer les choses, tu proposes
de tout faire exploser...
MM : Oui, la seule façon de changer le système,
c'est de le détruire de l'intérieur. C'est devenu,
avec mon art, mon objectif premier.
Alec Empire (Atari Teenage Riot) a un crédo
radical : "Destroy yourself with the drugs before the system
destroys you". Es-tu de cet avis?
MM : Non, parce que c'est ce que le système veut. Je ne
pense pas qu'il faille laisser quoi que ce soit te contrôler
ou te détruire. Je veux me battre pour que chacun ait cette
force de décision.
Et quelles sont tes prochaines batailles?
MM : L'année prochaine, je vais réaliser un film
basé sur la musique de 'Mechanical Animals'. Dans la tradition
des films mythiques sur le rock comme 'Tommy Who' ou 'The Wall'
des Pink Floyd. J'ai à peine commencé à bosser
sur le scénario et je n'ai aucune idée sur le casting
à part que j'y jouerais un rôle ainsi que Rose sans
doute. Je mélangerai des éléments autobiographiques
et fictifs. Ce sera un vrai rock opéra, quoi...
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